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Conférence régionale du Sport : " Jouer un rôle d’accompagnant et de facilitateur "

Thierry Peridy, délégué régional académique à la jeunesse à l’engagement et aux sports des Pays de la Loire, dans l’Académie de Nantes, revient sur les débuts et les particularités de la Conférence régionale du Sport en Pays de la Loire.

En quoi consiste votre fonction ?

C’est un nouveau service créé depuis le 1er janvier 2021, donc tout récent, qui est sous l’autorité du recteur d’Académie de Nantes et qui décline dans la région des Pays de la Loire les priorités nationales en matière de jeunesse, d’engagement et de sport sous l’autorité de Jean-Michel Blanquer, Ministre de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports, et, en ce qui concerne le sport, en liaison évidemment avec Roxana Maracineanu, Ministre Déléguée. Nous déclinons toutes les politiques ministérielles sur la région.

L’Agence nationale du Sport a instauré depuis quelques temps les Conférences régionales du Sport, comment avez-vous contribué à cette mise en place et quel a été votre rôle ?

C’est un rôle moteur puisqu’en plus d’être sous l’autorité du recteur, il y a une particularité au titre des missions sportives, notamment celles qui sont portées par l’Agence nationale du Sport : elles sont mises en place dans chaque région sous l’autorité du Préfet de région qui est le délégué territorial de l’Agence et qui a, à ses côtés pour l’appuyer, un délégué territorial adjoint, que je suis, en tant que DRAJES.

Nous avons eu le travail de préparation à la mise en place de cette Conférence, avec une originalité dans la région des Pays de la Loire. Nous avions en effet depuis 2006 une Conférence régionale consultative du Sport qui était co-présidée par l’État, le mouvement sportif et le Conseil Régional. Nous nous sommes appuyés sur cette expertise, ce travail collaboratif depuis maintenant une quinzaine d’années, pour préparer la mise en place de la Conférence régionale du Sport. Nous avions, dans mes anciennes fonctions de directeur régional de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale, associé le secteur économique, qui est le 4e acteur de la nouvelle gouvernance du sport, dès 2019. Nous avons pu depuis deux ans cheminer et préparer l’installation de la Conférence régionale du Sport. Nous avions organisé en septembre 2020 un séminaire avec tous les acteurs pour préparer la nouvelle organisation, sensibiliser ceux qui rentrent aujourd’hui dans la nouvelle gouvernance sur ses enjeux, son organisation et son fonctionnement. Nous avons eu un rôle d’accompagnement et un rôle facilitateur par rapport à l’historique partenarial dans cette région.

Justement, cette installation est vraiment spécifique à cette région : avez-vous travaillé depuis longtemps là-dessus ou est-ce que dans d’autres régions, il se passe la même chose ?

Oui, nous sommes évidemment en lien avec tous nos collègues, en réseau avec les collègues qui sont DRAJES dans toutes les régions. On va dire qu’il y a eu plusieurs rythmes dans la préparation. Il y avait 3 ou 4 régions qui avaient déjà depuis de nombreuses années, comme nous, des instances consultatives entre l’État, les collectivités et le mouvement sportif. Il a fallu rajouter évidemment le secteur économique, donc ça a été sans doute plus facile pour ces régions d’installer ces instances. Mais toutes aujourd’hui, à l’exception d’une ou deux régions, ont installé ces Conférences depuis maintenant cinq mois et ont pu préparer les travaux avec tous les acteurs qui aujourd’hui nous ont rejoints dans cette nouvelle organisation. En région des Pays de la Loire, la présidence est assurée par le premier vice-président du Conseil Régional. On voit bien qu’il y a deux grands scénarios en fonction des régions. Une majorité des conférences est présidée, comme ici, par des élus, notamment des élus de la région. Et quelques autres Conférences sont présidées par des présidents de CROS. Dans les Pays de la Loire, il y a eu une candidature à l’unanimité avec un représentant d’une collectivité de la région en tant que président. Les deux vice-présidences sont assurées par la présidente du Comité Régional Olympique et Sportif et par un représentant du MEDEF donc on a l’équilibre tel qu’il était prévu de longue date dans cette région. Enfin, les services de la DRAJES assurent la liaison avec la région comme secrétariat de cette instance.

Vous l’avez dit, la Conférence des Pays de la Loire s’est installée le 27 janvier dernier : comment a-t-elle été accueillie dans les Pays de la Loire ?

Un peu en écho avec ce que je disais tout à l’heure, elle était forcément attendue. Nous l’avions anticipée dans l’organisation de notre ancienne Conférence Régionale Consultative. En décembre 2019, Frédéric Sanaur, le directeur général de l’Agence nationale du Sport, est venu avec la Ministre pour participer à notre conférence régionale dont le thème était la mise en place de la nouvelle gouvernance et la mise en place des futures Conférences régionales du Sport. Nous avions dans cette instance consultative près de 200 acteurs du sport dans la région qui étaient présents : collectivités dans leur diversité, mouvements sportifs, secteurs économiques, tous les services de l’État. En un sens nous étions prêts. Il y avait une attente voire peut-être même un regret que nous n’ayons pas pu aller plus vite. Mais en tout cas nous avons été les 2e, après le Centre-Val de Loire, à installer cette Conférence et elle s’est déjà réunie une deuxième fois le 15 mars dernier, ce qui prouve une certaine maturité dans l’organisation et dans les attentes des acteurs. Et puis nous avons eu, je crois, l’ambition partagée d’être le plus réactif possible par rapport aux enjeux, certes de la nouvelle gouvernance mais aussi ceux liés à la crise économique, afin d’adapter notre modèle pour être le plus réactif pour accompagner les nombreux projets en fonction des priorités de l’Agence et des autres partenaires. C’est aussi une originalité dans les complémentarités de financement entre les acteurs qui pré-existaient et qui ont été confortées cette année.

Quels sont les projets qui sont mis en place à court terme et à plus long terme ? Et avez-vous pu en mettre déjà en place ?

Il y a vraiment du très court terme : la priorité a été, outre l’installation de la Conférence régionale du Sport, de se mettre en situation, d’avoir une instance qui préfigure sans doute la future Conférence des Financeurs. Nous avons installé un Collège qui est composé des 4 Collèges de la Conférence, avec les collectivités, le mouvement sportif, l’État et le secteur économique, qui s’est réuni le 2 juin dernier, donc tout récemment, et qui a procédé à l’analyse de tous les projets qui étaient soumis cette année en matière d’aide à la création d’emplois sur la base des priorités de l’Agence et qui ont fait l’objet d’avis systématiques des autres acteurs. Sur le très court terme c’est accompagner les projets de création d’emplois. Il y en aura plus de 250 qui seront aidés cette année, c’est très important. Comme tous les ans il y a vraiment une dynamique forte dans cette région.

Le court / moyen terme, on l’a installé également : on a choisi un prestataire pour nous accompagner dans l’élaboration de projets sportifs de territoire. C’est une alliance de partenaires : Audencia, l’école de commerce, avec le Think Thank Sport et Citoyenneté, qui ont répondu à un appel à projet, qui ont déjà travaillé et qui ont pour objectif de présenter en janvier 2022 les grandes orientations du futur projet sportif de territoire de la région. Il sera acté par la future conférence en début d’année prochaine et guidera évidemment tous les travaux que nous allons conduire en début d’année prochaine. On a fixé un cadre, une perspective temporelle en janvier / février. D’ici-là, des réunions au niveau régional et dans chaque département seront organisées, afin de permettre la sollicitation de tous les acteurs pour mettre en avant les spécificités de la région des Pays de la Loire et de ses ambitions par rapport aux grandes thématiques qui sont prévues dans le cadre juridique dans chaque Conférence. Je ne peux pas dire quels sont les choix qui seront retenus puisque c’est le travail de concertation qui sera opéré mais il y aura forcément la volonté d’être ambitieux.

La région des Pays de la Loire est la région la plus sportive de France en nombre de licenciés par rapport à la population. Nous avons évidemment l’ambition partagée de rester en tête du peloton. Nous avons bien mis en évidence les enjeux de la reprise sportive avec la crise sanitaire que nous connaissons. C’est un secteur économique à part entière. La région et tous les acteurs sont très moteurs pour accompagner toutes les initiatives dans une logique de développement économique et de développement des territoires puisque le sport est un vecteur de développement économique, un vecteur de développement social et un vecteur de développement territorial. C’est dans cet esprit-là qu’on va essayer d’articuler nos travaux durant les prochaines semaines.

Il faut aussi mettre en regard Paris 2024. La région sera site d’accueil pour le football, un an après la Coupe du monde de rugby dont cinq matches auront lieu à Nantes. Il y a une culture d’accueil des grand événements en Pays de la Loire, et je crois que chaque acteur a envie d’y contribuer à sa façon. La dernière singularité de la région, c’est que nous sommes la seule en France qui disposera d’un nouveau CREPS, qui est en cours de finalisation et dont la livraison est prévue en septembre prochain. Celui-ci pourra être base arrière de délégations dans le cadre de la perspective des Jeux. Il pourra également rayonner sur l’ensemble des régions des Pays de la Loire, puisque nous avons un fonctionnement en réseau entre le CREPS qui est sur la métropole nantaise et les autres départements. Et nous profiterons forcément de cette occasion d’accueillir ces Jeux Olympiques et Paralympiques 2024 pour se donner des ambitions dans le cadre de ce projet.

Justement vous avez anticipé ma question concernant l’état du sport en Pays de la Loire, notamment en vue des JO 2024.

C’est vrai que c’est une région qui a deux caractéristiques. La première : c’est une région dont les caractéristiques socio-économiques sont plutôt favorables. C’est une région avec une histoire forte en matière de vie associative, il y a une très forte implication de la culture sportive dans la région en culture de masse (en nombre de licenciés) mais aussi de haut niveau. On a quelques grands clubs phares dans les grands sports collectifs. C’est une région où à la fois en football, en basket, en handball ou en volley, on a des têtes d’affiches au plus haut niveau, en sport féminin et masculin. C’est l’une des autres particularités de notre région.

Nous organisons aussi quelques grands événements évidemment : les 24H du Mans, le Vendée Globe. Nous sommes souvent un site d’accueil du tour de France, parce que le vélo est un sport important dans la région. Nous disposons d’une dynamique forte, d’une capacité à accueillir de grands événements comme en équitation. Je pense notamment au CSE de la Baule qui a lieu dans quelques jours. Il y a une vraie culture du haut niveau et de l’accueil.

Dans le cadre de la future conférence du sport, on aura à en tirer un certain nombre d’enseignements et de projets pour que demain il y ait encore plus d’accompagnement des acteurs sur les projets structurants et avec des compléments d’interventions entre l’État via l’Agence et puis les collectivités locales, le mouvement sportif et le secteur économique.

Dernière mise à jour le 17 juin 2021
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