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Interview Creps Occitanie

Muriel ROTH et François BEAUCHARD, respectivement Directeurs des CREPS de Toulouse et Montpellier/Font-Romeu, reviennent sur la transformation actuelle du sport français dans les territoires et notamment le transfert de la compétence Haut Niveau dans les CREPS.
Vision, projets en cours, impact sur les sportifs de haut niveau… Découvrez le fonctionnement et les ambitions de la « Maison de la Performance Occitanie ».

Vision, projets en cours, impact sur les sportifs de haut niveau… Découvrez le fonctionnement et les ambitions de la « Maison de la Performance Occitanie ».

En 2021, l’Agence nationale du Sport déploie son action dans les territoires. Sur le volet du haut niveau et de la Haute Performance cela se traduit notamment par le transfert de la compétence haut niveau dans les CREPS*. Qu’est-ce que cela signifie ?

*NDLR : Actuellement, l’ensemble des CREPS et organismes publics équivalents (OPE) se met en ordre de marche, sous la coordination de l’Agence nationale du Sport, pour mettre en place la transformation territoriale visant à améliorer l’accompagnement des athlètes et entraineurs partout où ils s’entraînent. Cela se traduit notamment, sur le plan national, par le renforcement des équipes des établissements de 63 conseillers haut niveau et haute performance (CHNHP) et de 17 managers territoriaux à la haute performance (MTHP), soit 80 personnes supplémentaires. Les CHNHP viendront renforcer la mise en œuvre du projet territorial autour de 4 axes (l’accompagnement socioprofessionnel des athlètes, l’accompagnement paralympique, l’optimisation de la performance et l’analyse de la performance). Les MTHP seront les chefs d’orchestre du projet Ambition Bleue dans les territoires et veilleront à la bonne coordination des acteurs de la région dans le cadre de cette montée en charge et en compétence, en lien direct avec l’Agence nationale du Sport. Des conventions CREPS/ANS permettront dès 2021 de financer les services et équipements répondant aux exigences de la haute performance.

MR : Avec le transfert du haut niveau dans les CREPS, la « Maison de la Performance Occitanie » devient un point d’entrée unique où l’athlète est considéré dans son entièreté. Il va pouvoir poser ses problématiques, parcellaires ou complexes, et obtenir une réponse performante, intégrée et opérationnelle, quel que soit l’endroit où il s’entraine.
L’Agence nationale du Sport travaille sur 4 axes et on les a traduits par un principe de « regard 360 autour de l’athlète », soit sous toutes ses dimensions.
Notre force est que les CREPS sont déjà des contributeurs du projet sportif régional et ce transfert va permettre d’actionner tous nos leviers d’intelligence collective au service du haut niveau et de la haute performance.
La stratégie de la région Occitanie repose sur un principe de toile d’araignée. On peut rentrer par n’importe quel fil, la toile vibre et l’ensemble des ressources se concentrent et vont vers l’athlète pour lui apporter une réponse intégrée, simple et facile d’accès.

FB : On passe à un suivi moins administratif, plus concret, plus pragmatique, de terrain avec des athlètes répartis sur tout le territoire.
Nous avons en Occitanie des athlètes s’entrainant dans des structures sportives qui ne sont pas sur les sites des CREPS. Ce suivi en toile d’araignée va permettre, on l’espère, de mieux répondre à leurs besoins avec une offre intégrale à 360 degrés.

Nous avons cherché à ne pas répondre sous un prisme géographique mais bien sous un angle de compétences. Notre objectif est d’apporter des réponses à des besoins liés à des expertises spécifiques sur chacun des 3 CREPS. On agrège ces compétences pour donner la meilleure réponse à l’athlète, partout sur le territoire occitan.

MR : Oui, en définitive il s’agit de trouver la meilleure réponse collective à la problématique individuelle de chaque athlète, en mutualisant les forces et expertises de chaque CREPS.
Apporter une réponse individualisée pour les athlètes du Cercle HP et de haut niveau ; telle est notre ambition. Plus l’athlète sera haut dans le couloir de la performance, plus la réponse sera individualisée.

Concrètement, qu’est ce qui va changer pour un athlète de haut-niveau s’entrainant sur le territoire de l’Occitanie ?

FB : Désormais, les services viennent à lui, du moins un certain nombre. L’ambition n’est plus de demander aux athlètes de venir systématiquement dans les CREPS. Ponctuellement des évaluations seront faites dans les établissements car le matériel est sur place, mais l’objectif est bien de les aider sur leurs sites de pratique que ce soit autour d’un accompagnement socioprofessionnel, médical, scientifique, mental… ou de tout autre domaine.
Nous sommes actuellement en train de répertorier des acteurs de la performance, répartis sur l’ensemble du territoire occitan, qui pourront nous accompagner dans le suivi des athlètes sur des champs d’expertises spécifiques.
L’idée est de pouvoir enrichir cette cartographie avec le temps et ainsi apporter une réponse rapide et optimale aux besoins des sportifs directement sur leurs sites d’entrainement.

MR : Avant, l’athlète devait chercher l’information et ensuite trouver le bon interlocuteur. Ce qui va réellement changer c’est la simplification de la relation avec le sportif par un travail en back office de la part des CREPS.
L’athlète n’aura plus à aller chercher l’information. L’institution se déplace auprès de l’athlète, l’écoute et trouve la solution adaptée.
Ce n’est pas simplement un catalogue de prestations mais un réel travail de co-construction autour de la performance avec tous les acteurs concernés : l’athlète, sa cellule, sa fédération, l’Agence nationale du Sport. A partir de là on challenge le projet, les besoins et on y apporte les réponses.

FB : Nous collaborons actuellement avec les STAPS autour d’une enquête qui recense les besoins de l’ensemble des athlètes d’Occitanie. Immédiatement après, nous solliciterons des entretiens avec eux et leur apporterons des solutions. Même si toutes ne seront pas immédiates, nous leur réaffirmons notre volonté de les accompagner au mieux dans leur préparation, quel que soit le domaine.

MR : Nous voulons être des facilitateurs de ressources afin que les athlètes puissent finir leurs projets de performance. Mais cela ne peut pas se faire sans une co-responsabilité des acteurs dans le choix des réponses et solutions que l’on souhaite leur apporter. Pour cela nous assurerons, en s’appuyant prochainement sur le ou la futur(e) manager territorial(e) à la haut performance (NDLR : les MTHP sont en cours de recrutement dans les régions), la coordination entre sa cellule, la fédération et l’Agence.
L’ensemble de ces acteurs identifie les besoins et ensemble on se met d’accord sur une réponse, les moyens à allouer et les choix de priorisation de services à apporter.

FB : Nous sommes accompagnants. La responsabilité du programme d’entrainement de l’athlète appartient à la fédération, à l’encadrement de l’athlète.
Notre rôle se limite à rajouter des éléments pour faciliter et enrichir ; nullement de prendre la main.

Quelles sont les spécificités des 3 sites : Font-Romeu, Toulouse et Montpellier

FB : Chaque site a des connaissances, des compétences et une histoire différentes. La région Occitanie jouit d’une richesse qui vient de la complémentarité entre les sites et de l’agrégation de ces compétences.
Nous bénéficions d’une répartition territoriale importante constituée de deux métropoles fortes, chacune composée d’un CREPS, et d’un site en altitude, Font-Romeu, à la fonction très particulière d’accueil de stage de haute performance.

Cette complémentarité est aussi importante d’un point de vue territorial.
En effet, nous avons fait le choix de développer une spécialisation sur chaque site. Une spécificité historique de Font-Romeu liée à son expertise sur l’hypoxie et l’entrainement en haute altitude, un travail de longue date avec des laboratoires sur l’analyse du mouvement à Toulouse, et depuis peu, une spécialisation sur les conditions extrêmes, notamment l’acclimatation à la chaleur et à l’humidité avec des salles à environnement contrôlé et des protocoles d’entrainement à Montpellier.

MR : La première spécificité de la région Occitanie pour moi est la connivence entre les équipes. On s’entend et on collabore dans l’intérêt du sport français.

Comme le précise François, nous avons une histoire et des compétences qui sont parfois sur la même thématique mais pas nécessairement avec les mêmes spécificités, ce qui nous permet d’avoir une offre CREPS déjà très développée ainsi qu’un maillage territorial de compétences puissant.
Nous renforçons actuellement ces spécificités via des partenariats autour de la recherche et un intérêt porté aux sciences dites molles et autres domaines qui se développeront avec le temps.

Le fait d’agir de manière concertée entre les 3 sites enrichit l’offre que l’on peut avoir et accroît les compétences dont on peut disposer.
On n’arriverait pas à faire la même chose si on agissait chacun de notre côté.

FB : Aujourd’hui nous ne pourrions pas envisager le transfert de la compétence haut niveau dans les CREPS sans l’engagement fort de la Région Occitanie, via notamment son vice-président Kamel Chibli et les équipes de la Direction des sports.

MR : Tout à fait, leur rôle ne se limite pas à un soutien financier. C’est un vrai choix de la région à assumer son rôle dans le cadre de la conférence territoriale et à être un acteur engagé dans le cadre des CREPS.

Dernière mise à jour le 23 février 2021
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