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Interview d’Anne-Lise Quiot conseillère en charge des territoires

Conseillère en charge des territoires auprès de Frédéric Sanaur, le Directeur Général de l’Agence nationale du Sport. Sa mission consiste à mettre en place, coordonner et accompagner les Conférences Régionales et Conférences des Financeurs du Sport.

L’Agence : Quel est ton métier et tes missions au sein de l’Agence nationale du Sport ?

Anne-Lise QUIOT : Je suis conseillère en charge des territoires auprès de Frédéric Sanaur, le Directeur Général de
l’Agence nationale du Sport. C’est une mission transversale avec les autres services de l’Agence, que sont la direction du Développement de Pratiques et le Pôle Haute Performance. Mon rôle consiste à mettre en place, coordonner et accompagner les Conférences Régionales et Conférences des Financeurs du Sport.
Je suis ainsi en relation avec les Directions Régionales Jeunesse et Sport, et les futurs membres de ces conférences, collectivités territoriales, mouvement sportif, acteurs du monde économique et social. Je veille à faciliter les échanges, faire le lien entre tous ces acteurs, qu’ils apprennent à se connaître, à se parler et à comprendre les enjeux de chacun pour que les conférences se déroulent dans les meilleures dispositions. En interne, au sein de l’Agence c’est un peu la même chose, j’ai ce rôle « pivot », j’apporte des conseils, j’explique aux collègues du Développement et de la Haute
Performance la manière dont les conférences vont fonctionner et je partage avec eux les éventuelles problématiques rencontrées, en fonction de leurs secteurs, afin d’y répondre ensemble.

L’Agence : Quel est ton parcours ?

Anne-Lise QUIOT : J’ai suivi un parcours STAPS à Orsay, en terminant par un DESS en Management du Sport spécialité
événementiel sportif. J’ai débuté chez Amaury Sport Organisation en tant que responsable des bénévoles sur le Semi et le Marathon de Paris. J’avais passé un concours de la fonction publique pour être cadre A dans la filière sportive ce qui m’a permis d’intégrer des postes dans des collectivités. J’ai travaillé dans les départements des Hauts-de-Seine, de l’Essonne avec des missions différentes. J’ai été chargée de projets événementiels, j’ai géré le stade de Bondoufle avant d’être Directrice des Sports à Saint-Quentin en Yvelines, poste que j’ai occupé pendant quasiment 8 ans avant d’intégrer l’Agence. Cette expérience m’a permis d’avoir une bonne connaissance du monde sportif, de comprendre les enjeux et les besoins des différents acteurs, les collectivités, les services de l’état, les fédérations et le monde économique.

L’Agence : Quelles sont les 5 compétences, qualités que tu déploies pour mener à bien tes missions ?

Anne-Lise QUIOT :Je dirais la diplomatie ou le sens du dialogue, la rigueur, l’écoute, l’autonomie et avoir une bonne culture de son domaine d’activité ; en ce qui me concerne c’est une bonne vision 360 des territoires, des acteurs et des enjeux qui les concernent.

L’Agence : Que sont les Conférences Régionales du Sport et à quoi servent-elles ?

Anne-Lise QUIOT :Les Conférences Régionales du Sport, c’est la déclinaison territoriale du nouveau modèle de gouvernance partagée.. Elles vont réunir sur des temps d’échange définis tous les acteurs concernés par le sport de manière générale dans chaque région. Jusqu’à aujourd’hui, certains acteurs se parlaient, d’autres pas, certains ne se connaissaient même pas, aussi l’ambition de ces conférences est de formaliser un moment où ils vont tous pouvoir se mettre autour de la table pour discuter et décider ensemble de l’avenir de leur territoire en matière de sport. La grande nouveauté est d’associer à cette réflexion et cette prise de décision, le monde économique, mais également et surtout les usagers et les organisations syndicales.

L’Agence : Comment les Conférences Régionale s’organisent-elles ?

Anne-Lise QUIOT :L’objectif est que ce panel représentatif définisse ensemble le Projet Sportif Territorial, avec une vision à court, moyen et long terme, de ce que vont devenir la région, les institutions, les différents acteurs du sport, et comment les habitants vont pouvoir bénéficier de ce projet. Cette nouvelle gouvernance s’organise en trois étapes : la première étape est la mise en place de la Conférence Régionale du Sport avec deux missions principales, faire un diagnostic de tout l’univers du sport sur le territoire de la région (les pratiques, équipements, événements, sport scolaire, le nombre et secteur des entreprises en matière sportif…), et parallèlement un diagnostic social et économique, afin que cela soit orchestré au regard des différentes caractéristiques de la population au niveau local.
La deuxième étape concerne la rédaction du Projet Sportif Territorial, sur la base de ce que le diagnostic aura révélé, avec les objectifs et leurs durées. La dernière étape est la mise en place de la Conférence des Financeurs, composée quasiment identique des mêmes représentants que la Conférence Régionale, et qui proposera les projets et actions financés sur l’année en cours, et sur les années à venir, en conformité avec le Projet Sportif Territorial qui aura fixé préalablement les objectifs et les priorités.

L’Agence : Quels sont les avantages de cette nouvelle organisation ?

Anne-Lise QUIOT :Auparavant, il y avait plus ou moins d’acteurs associés aux décisions en fonction des territoires, et
le monde économique n’était pas du tout concerné par ces réflexions. La grande nouveauté, c’est que dans toutes les régions et de manière homogène, il y ait une instance identique qui porte cette réflexion et les décisions.
Nous avons aussi constaté qu’il y avait des disparités ; l’objectif est donc qu’il y ait une meilleure homogénéité. Désormais, plus de gens représenteront ce qu’est le Sport sur le territoire. Parce que le Sport ce n’est pas uniquement les services de l’État ou la région sur un territoire. Le Sport c’est aussi les CREPS, l’ARS, l’enseignement… et ce sera aussi tous les échelons représentatifs du mouvement sportif et des collectivités. Les usagers pourront aussi s’exprimer sur leurs attentes et leurs besoins, les organisations syndicales et les représentants du monde économique pourront faire le constat de ce qui fonctionne bien ou moins bien. En mettant tous les acteurs autour de la table, l’objectif est aussi de trouver des compléments de financement possibles, utiles et intelligents pour porter les différents projets.

L’Agence : Est-ce qu’il peut y avoir du mécontentement de la part de certains acteurs et comment y remédier ?

Anne-Lise QUIOT :Il est probable que certains soit mécontents mais il faut faire confiance à l’intelligence collective. L’objectif c’est qu’une majorité se dégage, qui fasse sens dans l’intérêt commun, pour que les bénéficiaires puissent profiter de ces financements. Certains ont pris l’habitude de ne pas réfléchir au-delà de leur pré carré, de ne pas prendre en compte ce qui se passait autour d’eux ; ils vont devoir évoluer. Il faut espérer que la dynamique qui va être créée fasse émerger de la conciliation et de l’intelligence collective pour aboutir à des décisions les plus intéressantes possibles pour le
territoire.

L’Agence : Que gagnent les territoires dans cette nouvelle organisation ?

Anne-Lise QUIOT :Les territoires gagnent en autonomie, en responsabilisation, ils ont une meilleure lisibilité et visibilité
de tout ce qui ce qui se passe sur la totalité de la région administrative. Cela leur permettra de mieux partager et décider ensemble des projets et la manière de les financer. À terme, l’objectif sera de mieux rationaliser, voir mutualiser pour répondre efficacement à des besoins et à des contraintes de financement.

L’Agence : Peux-tu nous donner par exemple la plus-value de ce système dans le contexte de la crise sanitaire ?

Anne-Lise QUIOT :Nous l’avons déjà expérimenté cette année, quand le conseil d’administration de l’Agence a voté, le
25 juin dernier, le Fonds territorial de solidarité, abondé par l’État et par l’Agence. Le déploiement s’est fait dans une configuration de préfiguration des Conférences, c’est à dire que nous avons travaillé avec toutes les Directions Régionales Jeunesse et Sport pour que ce sujet a rassemblé autour d’elles tous les acteurs qui allaient siéger au sein des Conférences. Cela nous a permis d’avoir un recensement beaucoup plus large des structures en difficulté et donc des bénéficiaires. Cette exhaustivité permet de prendre des décisions plus justes et plus représentatives des différents acteurs concernés sur un territoire donné. Cette représentativité légitime les décisions prises.

Dernière mise à jour le 3 décembre 2020
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